Le Consumer Science & Analytics (CSA) vient d’effectuer une étude qualitative destinée à évaluer la compréhension des messages d’information des différents documents à destination des investisseurs sur les placements durables et responsables. Au sujet de la documentation commerciale, la notion de « placement responsable » apparaît comme très vague.

Définir le placement responsable

De plus, les épargnants expriment une méfiance en partie alimentée par le flou dans leur esprit sur le fonctionnement de ce type de placements, et très peu connaissent l’existence des labels. Le critère de la responsabilité apparaît rarement comme le premier critère envisagé pour choisir un produit financier : c’est par le rapport rendement/risque que le choix est d’abord opéré.

Pourtant, certains investisseurs se montrent intéressés par ces placements responsables et vont alors valoriser au contraire le bon rendement de ces produits et leur risque financier réduit. Nous mesurons bien ici l’écart qui peut exister dans les représentations des investisseurs, du fait d’un manque de connaissance d’une grande partie.

Un « placement durable » est perçu comme un placement en lien avec l’écologie et/ou avec une dimension d’épargne bloquée dans le temps, alors que la dénomination « placement responsable » résonne davantage comme un placement éthique, orienté vers des causes sociales ou d’utilité publique.

Familiariser les investisseurs à l’ISR

Le terme d’ISR est connu par une grande partie des participants mais seuls 15 % sont capables d’en expliquer le concept. Les notions de critères extra-financiers, de fonds à impact ou ESG sont quasiment inconnues. Il apparaît que c’est avant tout le manque d’explication, de pédagogie et de transparence qui freine les investisseurs dans leurs choix. En conclusion de cette enquête, les investisseurs expriment un besoin :

  • d’accompagnement : ils ne se sentent pas capables de choisir un placement responsable en autonomie. Il est nécessaire, pour les investisseurs, d’être guidés sur les différentes réglementations, les labels, les notions de durabilité, les critères permettant d’évaluer concrètement l’impact des projets dans lesquels ils ont investi de manière à pouvoir se forger leurs propres critères de choix sur la durabilité ;
  • d’explications : il existe des attentes fortes sur la communication et la vulgarisation concernant le mode de fonctionnement, les risques financiers et de durabilité, la pérennité des entreprises sélectionnées dans ces fonds et la rentabilité de ces placements ;
  • de réassurance : pour combler l’absence d’expérience sur ce type de placement, les investisseurs attendent des preuves de résultats sur les dimensions durables et responsables de ces placements, et des raisons de croire à la durabilité à travers des projets et des impacts concrets et mesurables ayant été favorisés par ces placements.

Les enjeux de l’éducation financière

Par ailleurs, la documentation réglementaire est spontanément peu lue. Le niveau de langage (vocabulaire, syntaxe) des DICI et prospectus met les lecteurs non experts à distance d’entrée de jeu, décourageant la plupart des investisseurs de s’y intéresser et ne permettant qu’une compréhension partielle des objectifs et du fonctionnement du placement. Les documents sont jugés principalement axés sur le fonctionnement financier du produit, et mettant peu en valeur sa durabilité.

L’intensité de durabilité y est souvent difficile à comprendre pour les investisseurs, voire perçue comme totalement absente. La densité d’information ne permet pas aux investisseurs de trouver des informations compréhensibles sur le fonctionnement et les caractéristiques du fonds et le niveau de langage est perçu comme peu accessible dans la plupart des DICI.

Beaucoup de travail reste donc à effectuer par les banques pour vulgariser et faire œuvre de pédagogie, et, côté réglementaire, pour modifier le format des documents si la place de Paris veut développer la finance responsable.